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Calais fête ses
géants
Les medias ont plutôt la dent dure en parlant de Calais, ville
autrefois prospère avec son théâtre, son casino et son tramway,
chouchoutée par toute une aristocratie de la dentelle, mais
frappée par tant de drames (pensez à ces malheureux bourgeois
dont le génial Rodin a sculpté la détresse) qu’on retient d’elle
seulement le grisé des jours. A croire que cette ville serait
frappée d’un sort contraire depuis que les métiers à tisser se
sont presque tous tu et que deux guerres mondiales l’ont criblée
de malheurs. Or Calais – au carrefour de l’Europe (eh oui braves
gens, qu’on se le répète !!!) – prouve qu’elle sait rejaillir
alors même qu’on la dit moribonde.
Les rumeurs, qui ne s’embarrassent jamais de mettre à jour leurs
sources, ne réalisent encore pas la transformation qu’elle est
entrain de réaliser et passent donc à côté d’évènements joyeux,
comme cette marche des géants par une éclatante semaine
d’automne, la dernière de septembre, sous le ciel bleu tendre de
la Côte d’Opale et un soleil que seuls les tenants de la pire
mauvaise foi se refusent à consentir. Non, Mesdames et
Messieurs, le soleil ne manque pas au décor, contrairement à ce
qu’affirme une bien belle, quoiqu’un peu injuste chanson.
Tradition oblige, les géants font la fierté des villes de toute
une région, et Calais n’a pas fait exception en offrant à ses
habitants pendant cinq jours un défilé triomphal dont les stars
étaient la Poupée aux longs cils palpitants et un extraordinaire
éléphant des Indes plus vrai que nature qui, avec force
barrissements, se faisait un plaisir d’arroser les badauds et
tous les écoliers admiratifs sur son passage. Nous ne résistons
pas au plaisir de vous faire partager, avec ce diaporama, la
magnificence du défilé. |